
En 2007-2008, nous avons réalisé une tournée autour du Québec afin de parler d’engagement social et de persévérance scolaire devant des milliers de jeunes du secondaire. Durant ces présentations et conférences, nous leur avons posé une question : « Que voulez-vous voir dans votre école afin de rester accrochés et motivés ? »
De Montréal à Québec, de l’arrondissement Saint-Henri à Charlevoix, leurs réponses étaient toujours les mêmes : « Nous voulons des activités qui nous interpellent (environnementales, entrepreneuriales, technologies, artistiques) et nous voulons des mentors pour nous guider et nous conseiller tout au long de l’année. »
Leurs commentaires et leurs demandes ont inspiré l’idée derrière Fusion Jeunesse… Une idée innovante qui n’avait pas encore été testée au Québec et au Canada : embaucher et envoyer des étudiants universitaires, à titre de coordonnateurs, dans des écoles secondaires afin d’implanter et soutenir des projets qui motivent les jeunes à se surpasser de façon créative, les stimulent à s’impliquer davantage dans leur réussite scolaire et suscitent leur sentiment d’appartenance à l’école.
Le programme irait au-delà du mentorat. Les étudiants universitaires travailleraient 15 heures par semaine auprès des jeunes pour une durée de 36 semaines, soit toute l’année scolaire. Non seulement les jeunes universitaires développeraient des projets dans leur domaine d’étude avec des élèves en adaptation scolaire (ou autres jeunes à risque), mais surtout, développeraient des rapports étroits et soutenus à long terme avec eux, valorisant ainsi la continuité et l’assiduité.
Nous avons donc interpellé, en 2008-2009, l’Université Concordia et la Société de développement social de Ville-Marie afin de tester un projet pilote, qui comptait sept activités d’envergure, dans deux écoles défavorisées de Montréal : des activités en musique et en sciences à l’école secondaire Pierre-Dupuy (CSDM) et des activités en entrepreneuriat, en environnement, en journalisme, en politique et en sports à l’école secondaire James Lyng (EMSB).
Ces programmes ont rapidement démontré leur effet « gagnant-gagnant » : d’un côté, ils incitaient les jeunes des écoles secondaires à persévérer et permettaient aux universités d’intervenir dans des écoles secondaires défavorisées afin de combattre la problématique du décrochage scolaire. D’un autre côté, ces opportunités professionnelles rémunérées permettaient aux étudiants universitaires de mettre leur savoir récemment acquis en pratique et d’être des exemples et des acteurs de changement dans la communauté étudiante des écoles secondaires. Sans oublier que l’expérience que vivaient ces jeunes faisait de leur passage universitaire une des plus significatives de leur vie et les incitaient à poursuivre leur engagement dans la communauté à titre de diplômés.
L’idée est maintenant étendue dans plus de 20 écoles : à Montréal, à Québec et dans les Nations Cris de la Baie James.